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Depuis hier Bobo roi est devenu résident de la bananière. Nous avons eu droit à ses vœux de premier communiant ; plein de bons sentiments... il n'en sera rien, car les invertébrés politiques n'ont jamais fait de biens aux autres... puisqu'ils veulent plairent à tout le monde.
Sur ce préambule, et si vous n'avez pas le courage de cliquer sur le bouton “PDF” ci-à côté en bas... voici l'acte cinquième, écrit hier... si vous voulez m'en donner l'opinion de votre lecture objective et subjective ; sauf pour les tenants du nouveau résident qui seront de toute manière peu enclins à apprécier la pièce... dites-le moi par courriel ou par facebook (Denis Gohin dessinateur).

ACTE CINQUIEME

Manu Bobo — Pierre Tadgazz
Un essuyeur de verres, une secrétaire nue* avec un pagne “Louis Voitou”
*la secrétaire nue peut en fait porter de faux seins.

Décor : même bistro, il fait jour. La secrétaire est assise sur les genoux de Tadgazz, elle a d’énormes lunettes roses et un calepin à la main”, elle est très concentrée (elle semble prendre des notes, mais en fait elle fait un jeu du “morpion).


MANU BOBO
— Bien, mon cher Tadgazz, en tant que Directeur du personnel des habitants du pays en âge d’être en mouvement. Il faudrait savoir si le projet que nous avons et que nous voulons porter partout, de faire payer la piétaille pour le plaisir qu’ils ont à participer à notre richesse... (il réfléchit : un blanc) nationale.

PIERRE TADGAZZ
— Entre autres !

MANU BOBO
— Certes certes, mais chut ! On pourrait nous entendre.

L’essuyeur de verres et la secrétaire font comme de rien.
PIERRE TADGAZZ
— Puis-je, ô mon empereur, doux Maître de toutes choses, poser une banale question ?

MANU BOBO
— Mais il vous en prie !

PIERRE TADGAZZ
— Pourquoi ce titre si long, alors que finalement je ne suis que le Ministre du travail ?

MANU BOBO
— C’est le mot “travail” qui me gêne, ça fait XIXème siècle, ça ne change rien à la condition sociale de la piétaille, mais ils ont l’impression de participer à quelque chose, un peu comme à ce jeu du morpion : un coup au grattage, un coup au tirage, ou inversement.
(Manu Bobo se gratte les couilles à ce moment-là, Pierre Tadgazz fait comme s’il n’avait rien vu, et la secrétaire arrête sa réflexion ludique, l’essuyeur de verre continue son activité imperturbablement).

PIERRE TADGAZZ
— Je comprends (il a l’air de réfléchir : un blanc) oui je com...prends.

MANU BOBO
— C’est pas essentiel. Donc je vais annoncer cela ce soir à Question pour un champion.

PIERRE TADGAZZ
— Ah ? Une émission de jeu ?

MANU BOBO
— Oui, puisque travailler va devenir un jeu où pour participer il faudra payer, de sa personne ET de son porte-monnaie.

PIERRE TADGAZZ
— Portefeuille vous voulez dire, ô Maître de toutes choses.

MANU BOBO
— Pour ce qu’il leur restera, un porte-monnaie suffira bien assez !

PIERRE TADGAZZ
— Évidemment... mais dites-moi, ô empereur de toutes choses... nous garderons nous nos portefeuilles ?

MANU BOBO
(étonné puis éclate d’un grand rire sardonique)
— Mais bien sûr, mon cher ami ! Bien sûr ! Et même plusieurs !

PIERRE TADGAZZ
— Et vous pensez qu’ils vont accepter facilement ce nouveau mode de... mode de...

MANU BOBO
— ...mouvement !

PIERRE TADGAZZ
— C’est ce que je voulais dire, faut que j’m’y habitue !

MANU BOBO
— Vous vous y ferez, comme tous les autres !

PIERRE TADGAZZ
(il dégage sa secrétaire sans ménagement)
— Bien mademoiselle, pourriez-vous allez aux toilettes pour moi s’il vous plaît, merci !

La secrétaire se relève, essaye de prendre une bonne attitude et s’en va.
Tous les protagonistes la regardent partir en silence.

PIERRE TADGAZZ
(il fait comme pour chuchoter)
— Je voulais savoir, combien on va palper avec tout ça ? Ô empereur du renouveau.

MANU BOBO — Pourquoi vous parlez si bas ?

PIERRE TADGAZZ
(du bout du nez il désigne l’essuyeur de verres toujours imperturbable)
— ...

MANU BOBO
— Mais nooooon, c’est un travailleur détaché serbo-croate que j’ai acheté hier.

PIERRE TADGAZZ
— Acheté ?

MANU BOBO
— Ben oui, puisque je l’ai détaché de la chaîne de son ancien propriétaire.

PIERRE TADGAZZ
— Vous voulez dire “Employeur”, ô Maître empereur de toutes choses ?

MANU BOBO
— C’est la même chose.

PIERRE TADGAZZ
— Evidemment, suis-je bête !

MANU BOBO
(il regarde fixement Pierre Tadgazz avec un sourire narquois)
— ...
— À ce propos vous laisserez votre pantalon ici.

PIERRE TADGAZZ
— Ah ? Vous voulez que je vous l’offre ? Ô grand Maître incontesté du pouvoir.

MANU BOBO
— Non, il ne vous va pas du tout, c’est très détestable, d’ailleurs vous laisserez aussi votre veste et votre chemise.

PIERRE TADGAZZ
— Bien mon empereur. Puis espérer avoir l’immense privilège de garder mon caleçon et ma cravate ?

MANU BOBO
(il regarde Pierre Tadgazz de bas en haut)
— Certes ! Les chaussures aussi, elles sont passables, mais noires, donc validées.

Pierre Tadgazz se désape et s’en va à reculons en faisant force courbettes.

PIERRE TADGAZZ
— Merci de m’avoir accordé cet entretien ô grand empereur de toutes choses.

MANU BOBO
— Il vous en prie.

Le téléphone de Manu Bobo sonne à ce moment-là

MANU BOBO
— ...
— Comment ça ?
— C’est une bonne idée, je l’attends alors.

Il s’adresse à l’essuyeur de verres.

— Médor ! Un Camba-délice, bien tassé s’il te plaît


FIN DU CINQUIEME ACTE

-Denis-