Gazette n°394
lundi 3 octobre 2022
sponsorisée par l’Histoire

“Les contes incongrus d'Épinac” est un ouvrage qui prête à rire sur l’Histoire supposée de ce village typiquement français, comme tant d’autres.
Ainsi ce village des Côtes du Rhône.

HISTOIRE D’HONOLULU-LES-BAINS

PREMIERE PERIODE
Moyen-Âge
Les débuts héroïques
(705-799)

Avril 705, La légende de Sainte Gudule, fondation légendaire de la cité :
Lors de son voyage à Rome avec une ambassade de son père[1], Gudule se baigna dans la Gluante ; rivière affluent du Rhône. C’était au lieu dit “Les bains” que la légende prétend qu’une personne de sa suite, Lulu-Thérébentine d’Asperge, se baignant peu après, faillit s’y noyer. Gudule en s’exclamant : « Oh non Lulu ! » fit baisser le niveau de l’eau, sauvant son amie. Le lieu fut dès lors appelé “Ohnon-Lulu-les-Bains”.

Septembre 705, Fondation de la Chapelle Gudule :
Trois mois après de ce qu’il est permis d’appeler le « miracle à Lulu », Jacquet-Lucienard Pautin, fervent chrétien et admirateur de la Sainte, arrive au lieu dit et y fait construire une chapelle (705-715). Jacquet-Lucienard meurt le 24 décembre 707 d’une crise cardiaque, à cause d’un jeu qu’il venait d’imaginer où il fallait lancer un boulet de pierre à travers la pièce[2] pour faire tomber des morceaux de bois installés en ligne. La chapelle sera donc inaugurée par Jehan-Alfredem Pautin[3] le 8 janvier 715, un an après la mort de la Sainte.

8 janvier 715, Inauguration de la Chapelle Sainte Gudule et de la Ferme Pautin :
Le même jour de l’inauguration de la Chapelle Gudule, sous l’égide de monseigneur l’Évêque de Lyon, Gudémard Beauprés et de la Comtesse Césarienne Dupèze[4], la Ferme Pautin est aussi inaugurée. La Ferme Pautin dont la devise est “Venit reditum” (On y revient) sera Entrepôt royal jusqu’en 1789.

1er avril 732, Le pèlerinage de Poitiers :
Bien que fort éloigné d’Ohnon-Lulu-les- Bains, on sait, grâce à Jules-Napoléon de Potin[5] que Charles Martel avait en tête[6] de patronner son expédition contre les sarrasins des bonnes œuvres de quelques saints et saintes. C’est ainsi que Pauléandre Le Barge, écuyer de Charles Martel, fit pour son maître le pèlerinage au sanctuaire de la sainte.
Il arriva le 31 mars sur les bords du Lac de Lozanne (lacus losanetes nom d’époque du Lac Léman). Demandant son chemin pour aller visiter le sanctuaire à un pêcheur, celui-ci compris que l’homme croyait être là où il pensait, c’est-à-dire ailleurs que là où il était et qu’il n’était donc pas. En effet, au lieu de prendre à gauche, au niveau d’Orléans, après la fourche du “Gros caillou en pierre”, celui-ci prit à droite. Alors forcément ! On ne s’étendra pas plus sur ces considérations paléo-géographiques, qui nonobstant fort intéressantes, sont de nature à nous éparpiller dans la lecture de cette histoire. Or donc, le pêcheur, juste à cet instant, avait accroché une ablette. C’était une belle ablette qui venait de pondre ; une ablette sans œufs. Tirant trop fort sur la cane, le poisson et l’hameçon furent envoyés en l’air et disparurent. Mais, et c’est là le plus fort de cette anecdote tout à fait véridique : le poisson s’accrocha dans le dos de la cuirasse de l’écuyer, à son insu. Et s’est ainsi qu’il arriva le lendemain, au bon endroit, mais avec l’ablette dans le dos. Le Barge s’aperçut bien tard de cette fâcheuse compagnie qui faisait bien rire les paysans sur son passage. C’était, et même si les historiens sont toujours partagés sur cette histoire ; le premier “Poisson d’avril”. Quoi qu’il en soit, et on ne sait pas pourquoi, Le Barge changea de nom pour s’appeler Labarge[7]. Il resta à Ohnon-Lulu-les-Bains, se maria avec une nonne et se fit apothicaire.
La bataille de Poitiers fut remportée quelques mois plus tard après cette histoire trop méconnue.

13 février 744, Odiléus des Mottes, premier curé permanent :
Ami d’enfance de Pépin le bref, sur qui pleuvra les honneurs quelques années plus tard, Odiléus des Mottes fut installé curé permanent de la chapelle Sainte Gudule par décision de son vieil ami. La chapelle devint alors église Sainte Gudule. Odiléus laissa un bon souvenir et plusieurs enfants. On lui doit notamment les Strophes à Gudule dont le fameux :
Ah Gudule,
Viens m’embraser[8].
En janvier 752, Odiléus est nommé par le pape Zacharie à l’abbaye du Mont-Cassin[9]. Il est remplacé par Enguerrand Lebègue.
5 janvier 752, Visite de Pépin le Bref :
Première visite d’un chef d’État à Ohnon-Lulu-les-Bains. Pépin venait, selon les mémoires du temps, visiter son ami de longue date, Odiléus des Mottes. Arrivé vers le midi, pour l’apéro, il en repartit avant l’heure de la sieste. Ce qui fit dire à tous : « Eh ben dis donc, ce fut bref ! ». L’expression est restée, accolée au nom de Pépin. Certains soi-disant historiens essayent de nous faire croire que “le Bref” serait dû à la petite taille de Pépin, alors que comme chacun sait, déjà petit, Pépin arrivait à prendre un pot de confiture posé sur la deuxième étagère à gauche, et cela sans monter nullement sur aucun tabouret . Cependant, l’humoriste Michel Jobert nous dit : “Finalement il vaut mieux qu’un pépin soit plutôt bref que prolongé, sauf quand il pleut.”

11 juillet 755 : Ouverture du Comptoir d’Usure et de Comptabilité Unifiée (le CUCU[10]) :
Alors que le roi instaure le denier d’argent dans son royaume ; Abélard Labarge, cousin de l’apothicaire (voir l’année 732), s’installe à OhnonLulu-les-Bains, faisant métier de banque, il ouvre dans le même temps un salon barbier. Il faut en effet rappeler qu’à cette époque on n’aimait pas les banquiers. Aussi Abélard de cacher sa véritable occupation. On raconte l’histoire suivante, au sujet d’un client sympathique et tolérant, qui voulait bien mettre son argent au CUCU, par pure amitié. Il arrivait toujours dans l’humble commerce en disant : « Oh le banquier ! La barbe ! » C’est une expression qui est restée, même si son sens a quelque peu été modifié.
Abélard Labarge se maria avec une certaine Louise en 758, mais à cause d’un accident de dromadaire lors d’un voyage en orient, le pauvre Abélard ne pouvait plus avoir d’enfant, et Louise et Abélard n’eurent pas d’enfant.

1er avril 756 : La blague du bon roi :
Pépin, en visite dans son royaume, s’arrête une nouvelle fois à Onon. Et, comme en 752, il va prendre son apéro chez Fulduberrand Tronches[11]. Au moment de payer, il s’aperçoit que la serveuse lui prend 10% de pourlèche . Il s’en étonne auprès de Fulduberrand, qui lui explique que c’est comme ça qu’il paye Fernande Dime, sa serveuse. Pépin trouve l’idée fort intéressante, et pour payer les curés de son royaume, il instaure un nouvel impôt, qu’il appellera, en souvenir de la serveuse : La dime.
Fernande Dime, dut partir précipitamment, de nuit et sous la pluie. C’est assez étrange, mais on ne la revît plus.

23 décembre 768 : L’affaire du tonneau d’Aquitaine :
Pépin est mort depuis le 24 septembre, et en Aquitaine il y a un vent de révolte. En effet, la terre d’Aquitaine est séparée en deux entre les héritiers du roi défunt, Charlemagne et Carloman, et pour fêter fraternellement leur entente, les deux frères voulurent organiser une “Célébration d’amitié”. Cet événement peu connu, devait avoir lieu à la Noël 768. Pour cela, on avait secrètement fait venir de Palestine un tonneau d’eau bénite, qui, dit la légende, fut bénie par Jésus. On a passé sous silence cette affaire de tonneau d’eau bénite. En effet, pour l’acheminer jusqu’à Bordeaux, on maquilla le tonneau sous le nom de Château Lapompe du Mothon , ce fameux cru, connu de nos jours sous le nom de Mouton Rothschild. Mais le mystère est toujours entier. Pourquoi ce tonneau se retrouva en l’église Sainte Gudule ce 23 décembre, à plus de cinq cents kilomètres de là où on l’attendait. Ce tonneau en tout cas, fit les beaux jours d’Onon et de son église, puisqu’on disait que l’eau de ce fût était miraculeuse. Le fait est que Charlemagne se fâcha avec son frère, et que ce dernier devait mourir trois ans plus tard sans avoir su que l’eau du tonneau eut pu le soigner.

31 décembre 799 : Jean Brenne-Bistro, premier cafetier de France :
Fulduberrand Tronches, patron de l’Hôtel des quatre faisans, avait un filleul, Jean, fils du frère de la marraine du père de l’oncle de Fulduberrand. Ce dernier l’avait adopté après la mort de ses parents, écrasés par un chauffard en deux bœufs. Jean était franchement bon à rien, et Fulduberrand finit par le mettre à la porte en lui donnant ce qu’il restait de son héritage. Jean était un fêtard, et il but son pécule avec des femmes de petite vertu. Mais cette année-là, il ne lui restait pas grand-chose, aussi il se décida à se marier avec Jeanne Foutre, qui avait “belle dotte et beau dairière” . Le mariage ne se fit qu’à la seule condition que Jean Brenne prit le nom de sa femme. On l’a certainement oublié de nos jours, mais ce mot “brenne”, signifie les excréments. C’est donc par force forcée, que Jean Brenne devint Jean Foutre. Avec la dote de sa femme, il acheta une petite maison et étant donné son goût pour la boisson, il inventa le “Bistro” , en gardant une partie de son patronyme . Mais Jean avait réellement ce qui s’appelle un “poil dans la main” , et finalement, il mourut deux ans plus tard après avoir bu cul sec un jéroboam de Cuvée du Patron.

Épinac, le 3 octobre 2022

1- Voyage passé sous silence par Onulphe d’Hautmont dans son récit ”Vita Gudilae” sans que l’on sache trop pourquoi, même si Enguerand de Potin (1452-1515) suggéra dans ses Chroniques qu’Onulphe ne rédigea pas lui-même son récit, mais que c’était sa mère : Gertruderrande d’Hautmont (née Petipatapon de la Cloque), et qu’elle simplifia l’histoire de la Sainte pour des raisons familiales. Quand à Jules-Napoléon de Potin (1802-1871) il expliqua, lui, dans son “Almanach moderne et scientifique d’histoire et d’économie agricole depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui et un peu plus”, que “Onulphe en fait n’avait jamais existé et que c’est dieu qui avait écrit la vie de la jeune Sainte.” page 2478 (Talbin-Michel rééd., Paris 1965).
2- “Le Boulette est l’ancêtre du Bowling que nous connaissons bien” Jules-Napoléon de Potin, “Origine et philosophie ludique depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui et un peu plus”, page 165 (Brayard rééd., Paris 1961).
3- Fils du précédent, Jehan-Alfredem Pautin (685-761) est considéré comme le premier habitant d’Honolulu- les-Bains.
4- C’est une longue histoire que les Beauprès-Dupèze, parents riches de la famille Pautin (puis de Potin), nous aurons l’occasion d’y revenir, car entre l’Évêque et la Comtesse, il n’y eut qu’un doigt... de rumeur.
5- “Almanach moderne et scientifique d’histoire et d’économie agricole...” op. cit., page 2572.
6- L’expression “Se mettre Martel en tête” vient d’ailleurs de cette anecdote, comme le note Jules Napoléon de Potin. ibid., page 2641.
7- Julie Labarge, pharmacienne à Honolulu-les-Bains, soutient que l’écuyer de Charles Martel n’est autre qu’un de ses aïeuls. Un quatrain de Théodular Dugland (773-812) vient renforcer cette présomption :
LaBarge le pothicair,
Un jour d’en l’air
Poysson fol s’y croche.
Sous venyr estoi moche.
(Ferdinand Destronches, “C’était mieux avant,” page 26, Gallipette éd., Paris 1922).
8- “Strophes à Gudule”, traduction du manuscrit par Ferdinand Destronches, Gallipette éd., Paris 1921.
9- Abbaye du Mont-Cassin, installée à Gland ; fabrique de chaussure pour les prélats. Connu sous le nom de Chausses du Mont-Cassin à Gland, jusqu’en 1920. Concurrencée par la basket française d’Émile Camuset ; la chausse du Mont-Cassin n’est plus qu’un vieux souvenir.
10- Ancêtre commercial de la future CUCU qui verra le jour quelques temps plus tard, en 1852.
11- Hôtelier à Onon, spécialiste du couscous mironton.
12- Selon Henriette Dumans, “Us et coutumes des débits de boissons” (Le seul éd., Paris 2012) il était de coutume, depuis l’antiquité, que les employés des débits de boissons avaient le droit de lécher les gobelets des clients afin d’économiser l’eau du lavage. Cette habitude est devenue une sorte d’acquis social, et depuis lors, au lieu d’être payé en bouteille de vin, les employés sont payés en pourcentage sur chaque boisson vendue. On appellera cela : Pourléche jusqu’à la renaissance où le terme deviendra un plus consensuel : “Pourboire”.
13- Thierand Lapompe, éleveur de Moutons sur la colline sise aux pieds du village de Pauillac, appelée le Mothon, fut le premier à produire du vin pour ses moutons, comme le prouve le très peu connu poème d’Enbeldar de la Tronche, prieur de la Chapelle Sainte Pauline de l’enfant Jésus du chœur de la Croix (détruite par les sarrasins en 834) :
Mouthons bailant yvre de vin
De La Pompe marche de byai...
(extrait des “Poésies du Moyen-Âge” Alfred de Lacloque, Didont éd., Paris 1851)
14- “Contes grivoys de Burgognie” Aldébarang de la Baltique, Michel Demairre éd., Lyon 1598.
15- D’où les deux écritures possibles de ce mot, que l’on écrit avec un “t” final en général, mais qui tire son nom de Jean Brenne-Bistro.
16- Durant des siècles, ce “Bistro” se perpétua de génération en génération et prit divers noms jusqu’à aujourd’hui : “L’p’tit café chez Denis éditions”.
17- Cette expression moderne, vient en fait de l’expression Olonienne “Avoir un poêle dans la main”, ce qui signifiait : avoir la main chaude. cf “Expressions et dictons des Côtes du Rhône”, Paolo del Sude traduit par Olivier Bouché, Talbin éd., Paris 2018.

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