DICTIONNAIRE
D'ARGOT DU SIÈCLE

Charles Virmaître
illustré par Christian Creseveur
232 pages - format A5

classique Il y a beaucoup de dictionnaire d’argot, celui-ci est intéressant pour ce qu’il est écrit par un expert de la vie plébéienne du Paris de la fin du xixième : Charles Virmaître. L’éditeur s’est permis d’ajouter à ce dictionnaire quelques mots et expressions de notre époque. Chaque définition, ou presque est accompagnée d’exemple de phrase dans leur contexte.
A ABADIS ou ABADIE V. Trépe. ABAT-RELUIT Cette expression désigne la visière placée sur la casquette des vieillards ou des gens faibles de la vue pour adoucir l’intensité de la lumière (Argot des voleurs). ABATIS Les pieds ou les mains. Dans le peuple, on dit d’un individu mal conformé : Il a des abatis canailles, ou encore il a des abatis à la manque. Quand deux hommes se battent, la foule dit du plus faible : il peut numéroter ses abatis (Argot du peuple). ABATTAGE (En recevoir un) être grondé à en être abattu. Equivalent à recevoir un gras, un suif, en un mot à être enlevé (Argot du peuple). ABATTAGE (en avoir) être grand, fort, d’une taille à dominer. Il a de l’abattage, il peut frapper fort (Argot du peuple). ABATTOIR Lieu où l’on abat les animaux ; les prisonniers ont donné ce non au cachot des condamnés à mort (Argot des voleurs). ABATTRE Travailler en stakhanoviste. Abattre veut dire faire beaucoup d’ouvrage. C’est un ouvrier habile, il en abat en un jour plus que ses compagnons en une semaine (Argot du peuple). ABBAYE DE CINQ PIERRES Les cinq dalles de granit placées devant la Roquette, sur lesquelles on monte l’échafaud. Lacenaire dédia ces strophes à ces cinq dalles : Oh ! je vous connais bien, dalles qui faites place Aux quatre pieds de l’échafaud. Dalles de pierres blanches où ne reste plus trace Du sang versé par le bourreau. ABBAYE DE MONTE-À-REGRET La guillotine. L’expression peut se passer d’explications : ceux qui y montent le font sûrement à regret (Argot des voleurs). ABBAYE DE S’OFFRE-À-TOUS V. Bocard. ABBAYE RUFFIANTE Four chaud, dans lequel les vêtements des prisonniers sont passés au soufre pour détruire la vermine (Argot des voleurs). ABBESSE Maîtresse d’une maison de tolérance. Allusion aux filles qui sont cloîtrées comme dans un couvent (Argot du peuple). ABÉQUEUSE Maîtresse d’hôtel ou nourrice : elles donnent la becquée. Cette expression s’applique depuis peu aux voleuses qui dévalisent les magasins de nouveautés en se servant d’un enfant. Ce vol nécessite trois personnages : la mère, la nourrice et le momignard. Tous trois entrent dans un magasin. La mère se fait montrer les étoffes. Elle détourne l’attention du commis par un manège quelconque. Profitant de ce moment, elle fait tomber à terre une pièce d’étoffe. La nourrice se baisse, comme pour y déposer l’enfant un instant, et cache prestement, l’objet sous la pelisse du petit. Aussitôt elle le pince fortement. L’enfant crie comme un possédé. Elle fait semblant d’essayer de le calmer, mais elle le pince encore plus fort. Ses cris redoublent. Alors la mère témoigne une impatience très vive. - Te tairas-tu, lui dit-elle ; allez-vous en, nourrice. Nous reviendrons une autre fois. Leur manière d’opérer se nomme le vol à la nourrice (Argot des voleurs). ABÉTI Lourd, pâteux, nonchalant. Mot à mot : abruti par des pratiques personnel- les ou de naissance (Argot du peuple). ABLOQUER Acheter en tas, en bloc. Les brocanteurs bloquent un tas de marchandises les plus disparates (Argot des camelots). V. Revidage. ABONNÉ AU GU1GNON Déveine persistante, qu’aucun effort ne peut conjurer. On dit aussi : « Il a si peu de chance qu’il se noierait dans un crachat (Argot du peuple).
dictionnaire d'argot de Charles Virmaître illustré par Creseveur
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