Gazette n°183
vendredi 30 avril 2021
sponsorisée par la dystopie
C’EST TOUJOURS POSSIBLE

Raconter tel ou tel événement de l’histoire à un enfant, c’est toujours un plaisir. On a l’impression de transmettre quelque chose de précieux. C’est le cas dans “Les belles histoires de tonton Marcel”, mais il arrive que ce soit un peu dur.
André est un petit garçon de neuf ans qui aime beaucoup écouter les histoires que lui raconte Marcel, son tonton préféré, mais quelquefois, le tonton est un peu désabusé :
Tonton y m’raconte des histoires du passé d’avant, mais l’autre jour y l’a voulu me raconter le futur d’après.
Y m’a dit comme ça que si que on faisait tout pareil encore, qu’on finirait par tous mourir. Mais pour de vrai, pas comme dans la télé. La mort définitive que quand vous l’attrapez, que c’est fini de chez fini.
Je lui ai demandé moi à tonton si que c’était sûr.
Y m’a regardé. Là il était sérieux, un peu pareil que quand on va au restaurant en famille et qu’à la fin, il doit faire des maths avec le serveur et qu’il sort son portefeuille.
“Je sais pas mon p’tit, qu’il m’a dit. Si ça dépendait que de moi, je ferais ce qu’il faut, mais là c’est pas nous qu’on décide.”
Moi je croyais que dans la venir on était tous heureux et que on pourrait aller à la campagne pour se promener et profiter de la nature. Enfin pas tous en même temps, faudrait qu’on s’entende, on est beaucoup sur terre.
Je l’ai regardé, tonton, et j’ai bien vu qu’il pleurait. Je me suis approché de lui et je l’ai pris dans mes bras pour lui faire un câlin. Comme quand moi je suis triste parce que Aristide, mon pas copain d’école, y m’a fait une méchanceté, et que papa y vient me faire câlin.
“Allons, mon p’tit, c’est toujours possible” qu’il m’a dit en me souriant.

Épinac, le 30 avril 2021

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