Gazette n°185 mercredi 5 mai 2021 sponsorisée par le monothéisme ENTRETIEN D’EMBAUCHE Il y a sur terre des gens qui croient en un dieu... généralement unique. Il y a aussi des gens qui pensent qu’il n’y a aucune force surnaturelle et “supérieure”, c’est le cas de Sébastien Faure qui l’écrit dans “Douze preuves de l’inexistence de dieu”[1]. Parmi les dieux uniques (sigh), on en compte trois : Yavhé, Dieu, Allah[2]... et si on pouvait choisir vraiment son dieu ? Entretien “d’embauche” : — Bien ! Au premier de ces messieurs. Nous sommes chez Thomas Béliveur, ce dernier souhaite savoir quelle religion il souhaite adopter. Un homme assez grand avec une grande barbe sombre, habillé en noir et un turban anthracite sur le crâne se lève et se dirige vers la porte du bureau. — Entrez, entrez mon brave. Quel est votre nom ? — Allah... Léon Allah. — Très bien très bien, quelles sont vos lois, les principaux commandements ? — Une attestation de foi, cinq prières par jour, faire l’aumône, jeûner un mois par an et effectuer un pèlerinage à La Mecque. — Intéressant, Dites... les cinq prières, on peut les regrouper en une seule ? — ? — Nan, j’rigole ! — Jeune homme, la religion n’est pas un sujet de plaisanterie. — C’est vous qui le dites... On vous écrira... Au suivant ! Un homme barbu, d’un âge avancé, un peu courbé, s’avance et rentre dans le bureau. — Bien... et vous ? Comment vous appelle-t-on ? — On ne doit pas me nommer ! — Ah ben ça doit être pratique quand on a besoin de vos services. — Au pire, vous pouvez dire Yhwh. — Hein ??? — Yavhé si vous préférez, ou Jéhovah. — Bon bon, on dira... Antoine alors. Et vous avez combien de préceptes ? — Six cent treize, soit trois cent soixante-cinq interdictions et deux cent quarante-huit obligations. — Rien que ça ? — Faut me mériter. — On verra, on verra... au suivant ! Un homme barbu, d’un âge avancé, un peu courbé, s’avance et rentre dans le bureau. — Dites ? Vous seriez pas le jumeau de l’autre là ? — Quel autre ? Je suis unique ! — Ça va les chevilles ?... Bon, et c’est quoi votre nom ? — Appelez-moi simplement Dieu. — Pas de petit nom ? Bon admettons... mais sinon, vous avez combien de lois ? — Dix ! Pas une de moins, pas une de plus. — Et qu’est-ce qu’il se passe si on en enfreint une ? — Ça dépend... — De quoi ? — De la confession et des indulgences qui sont accordées. — C’est très conciliant ça... sympa. Je vais étudier ça... Suivant ! Un petit homme rondouillard, le crâne lisse, l’air jovial, habillé d’un vêtement très... orange, rentre dans la pièce. — Et vous ? C’est ?... — Bouddha, Bouddha Bouddha. — Je vois je vois. Écoutez, c’est très sympa, mais là... la robe orange et la tonte... c’est pas mon truc. Merci d’être passé. Il reste un seul homme dans le salon qui sert pour l’attente des candidats. Thomas s’approche de l’homme barbu, assez rond, le cheveu hirsute et la barbe poivre et sel. — Et vous ? Vous êtes ? — Marx... Karl Marx ! Épinac, le 5 mai 2021 1- L’habitude voudrait que l’on écrive “dieu” avec une majuscule ; à titre personnel, je me refuse à donner une majuscule à cette abstraction. 2- On considère généralement que c’est le même avec des identités différentes.

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