Gazette n°198
vendredi 4 juin 2021
sponsorisée par Mao Tsetoung
VIVE LA RÉVOLUTION

Je viens de relire un livre que j’ai édité : “Le catéchisme révolutionnaire” de Michel Bakounine. Certains sont surpris de ce titre. Peut-être s’imaginent-ils ce “catéchisme” ainsi :
— Bonjour camarades, soyez les bienvenus dans la maison du peuple ! Aujourd’hui nous lirons un passage du livre sacré : “Lorsque des nuages ont assombri le ciel, nous avons fait remarquer que ces ténèbres n’étaient que temporaires, qu’elles se dissiperaient bientôt et que le soleil brillerait sous peu.” [1]
— Xièxiè ni[2], répondent tous les officiants.
Le camarade d’Office, s’assoit alors que tous les présents restent debout, dans une attitude humblement prolétaire.
— D’après vous, que voudrait dire cette pensée ? demande-t-il.
Une mouche passe bruyamment.
Rien durant quelques minutes. Personne ne bouge.
— Allons allons camarades ! Il n’y aura pas de punition aujourd’hui.
Les officiants lèvent très légèrement les sourcils en essayant de ne pas faire de bruit.
Quelqu’un lève le doigt.
— C’est bien camarade Kévin ! Alors ?
— Euuuh, le grand révolutionnaire, le Yang-Tsé-Kiang de la pensée, l’Annapurna de la philosophie...
— Trêve de baliverne, dis-nous ce qu’IL a voulu dire ?
Un autre lève le doigt.
— Oui Jean-Albert ?
— “Après la pluie le beau temps” ?
Le maître de Cérémonie fronce les sourcils et serre les dents.
— Tu penses vraiment que notre grand Maître à tous, le guide suprême de la classe ouvrière et toutes ces sortes de choses a dit une telle bêtise ?
Tous les autres, autour de Jean-Albert, s’écartent légèrement de deux mètres, le laissant seul face à ses responsabilités.
— Ben non, mais bon, moi je disais ça comme ça...
Le président de Séance se croise les mains sur la poitrine, ferme les yeux et doctement explique le verset au camarade :
— Notre grand esprit révolutionnaire a voulu dire que si à un moment il y avait les ténèbres, la lumière suivrait.
— Ben justement...
— Oui ? Jean-Albert, tu veux ajouter ?
— Nan nan, rien.
— Tu viendras dimanche après l’off... la réunion, pour une confession autocritique.
Enfin, le camarade d’Office se lève et s’adresse au groupe :
— Bien, justement, c’est à qui de faire son autocritique aujourd’hui ?
Un petit homme d’une trentaine d’années, lève le doigt tout en gardant la tête baissée.
— Oui camarade Jules-Marcel ?
— C’est le camarade Jean Chrysostome qui devait présenter son autocritique.
— Et pourquoi n’est-il pas là ?
— Il a été envoyé en stage de réinsertion révolutionnaire.
Le chef de Section à l’air embêté.
— Ah ! Oui... c’est vrai... Bien ! Levons la séance... ça vous va comme ça ?
Et en un chœur parfait, l’ensemble des officiants répond :
— Oh oui !

Épinac, le 4 juin 2021

1- “Le Petit Livre rouge” Mao Tsetoung, chap. VII, verset 4. (www.chine.in)
2- “Merci” en chinois, prononcer “Tchiétchié-ni”.

Partager