Gazette n°245
mercredi 22 septembre 2021
sponsorisée par la vie
ET UN CAFÉ... UN !

“Paroles d’un révolté” est un ouvrage, comme son nom l’indique... un ouvrage de révolte.
Mais quelquefois, à quoi bon se révolter ?
Auguste, Auguste Naguert, fait profession de cafetier.
Il a ouvert un petit café.
Un tout petit café, dans une rue passante d’une ville bruyante de mouvements.
Auguste aime bien montrer aux autres qui il est.
Parce que ce qu’il est n’est pas affiché sur son visage.
Auguste, Auguste Naguert est... poète.
Alors Auguste a naïvement choisi de mettre en devanture de son café :
“Café des poètes”.
Mais voilà, les deux petites tables rondes en métal et les six chaises pliantes de jardin n’attirent personne.
Personne.
Auguste regarde les gens passer.
Passer devant chez lui.
Il est debout.
Il est silencieux.
Un homme, bien habillé, bien soigné, semble s’arrêter.
Il s’approche de la vitrine du café.
Il s’approche de la vitrine du café comme quelqu’un qui voudrait y lire la liste des boissons à la carte.
Il sort de sa poche...
...un peigne.
Il se recoiffe.
Il repart.
La journée se passe.
C’est le soir.
Auguste ferme le café.
C’est tous les soirs la même chose.
C’est tous les matins la même chose.
***
Un soir de septembre, Auguste est mort.
Auguste est mort et son frère Olivier, seul restant de la famille, est là.
Il est assis à l’une des tables vides du café.
Il a fait mettre un grand crêpe noir.
Un crêpe qui obstrue la porte du café.
Un homme, bien habillé, s’approche.
Il s’adresse à Olivier :
— C’est combien l’café ?

Épinac, le 22 septembre 2021

Épitaphe :
Auguste est mort
Il n’avait aucun tort,
On a trouvé son corps
Pendu dans son décor.

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