Gazette n°256
lundi 18 octobre 2021
sponsorisée par les Hautes Études
ÉTUDE

L’“Almanach du Père Ubu” est un ouvrage peu connu d’Alfred Jarry.
Jarry qui est l’âme de la pataphysique.
Mais il est temps d’aller plus loin, plus fort, plus haut, plus moulu, plus et plus vite :
J’annonce aujourd’hui la création d’une “Chaire d’étude” en patasophie et patalogie.
Cette chaire d’étude se concentrera sur des sujets d’un intérêt universel, comme :
LA CULTURE DU POIREAU
EN BASSE PROVENCE
DURANT LA FONTE DES NEIGES
une étude patasophique
présentée par Hubert de la Motte,
Docteur ès patalogue,
Membre de l’institut
des Hautes performances
scientifiques et morales,
Directeur du Centre de recherches
inutiles universelles et convergentes
Administrateur de l’Association
de défense des études morales
en milieu défavorisé et pourtant
si prompt à l’ordre établi quoiqu’on
en dise mais bien sûr madame
(ADDDEMEMDESPPALOEQOEDMBSM)
Le poireau, ce si cher amaryllidacé, que l’homme a réussi à domestiquer après d’âpres recherches séculaires.
Le poireau est en effet un légume très anciennement connu. Il était cultivé déjà en Égypte au Ve millénaire avant Jacques Chirac. L’Ancien Testament le mentionne : Ramsès II dut faire demi-tour devant le peuple juif, lorsque celui-ci, armé de poireaux écarta les eaux de la Mer Rouge pour passer à gué[1]. Il fait partie des ingrédients figurant dans la plus vieille recette de cuisine qui nous soit parvenue[2]. Par la suite, Hippocrate en parle comme d'un des légumes les plus cultivés de Grèce et dans la Rome antique, il est tenu en haute estime (“porretus ad vitae ergo sum, non diabolicus ed mon cusse”). L’empereur romain Néron est d’ailleurs surnommé le “porrophile” car il s’en introduisait de grandes quantités dans l’anus pour s’éclaircir la voix[3]. Au Moyen-Âge, à l’époque carolingienne, cette plante figure parmi les plantes potagères recommandées dans le capitulaire De Villis pour préparer les jeunes gens au rituel d’admission dans l’armée carolingienne, car c’est au XIIe siècle, que Matthieu Platearius déconseille sa consommation[4], et Hildegarde de Bingen le précise en lui attribuant comme effet de diminuer la vigueur sexuelle, donc le nombre de viols commis par les armées en temps de guerre et de paix. En France au XVe siècle, il fait partie de l’alimentation de base des paysans et des militaires en garnison. C’est durant la guerre d’Algérie que le poireau sera aussi utilisé pour la torture[5]. Enfin, il est utilisé dans les oreilles pour éviter d’entendre les chants de participants à des émissions de concours musicaux télévisuels.
“La fonte des neiges en basse Provence” fera l’objet, ici même ou ailleurs, d’une prochaine communication.

Épinac, le 18 octobre 2021

1- “Les faits oubliés que l’on veut nous cacher mais que moi j’ai étudié au risque de ma vie” Thierry Nayssant (Le Martinet éd. Damas 2001).
2- La quiche babylonienne au poireau, on trouvera la recette dans “Ma cuisine à moi”, page 212, Bashar al-Assasin (Robert Lefond éd. Paris 2016)
3- Le rapport n’est pas évident, une étude est prévue, merci d’adresser vos candidatures à Hubert de la Motte, Denis éditions fera suivre.
4- “Porrotis rendus sourdis et debilum, non boufarre ad precosionis” (“Circa instans” éd. revue et corrigée par Jean-Aldebert de Montladsus, Talbin Michel éd. Paris 1752).
5- “Recettes de tortures” Paul Ausselérestes, Pouf éd. Paris 1996.

Partager