Gazette n°272
mercredi 24 novembre 2021
sponsorisée par l’existence
UNE BRUME

La poésie de Phillips Lovecraft est peu connue : “Les hallucinations de Yuggoth” réparent ce fait.
C’est une poésie inquiétante et morose.
La brume envahie la prairie de son cotonnement lugubre dans le silence pesant de ce matin froid. Nulle âme n’ose s’y aventurer sans l’angoisse au ventre.
La brume envahit le jardin de ma maison, seul le bruit de mon cœur trahit une présence humaine. Je tends l’oreille pour déceler le mal tapi non loin.
La brume envahit mon bureau dans un silence inquiétant. Je n’entends cette fois plus rien d’autre que le souvenir du monde. Il y a comme une reptation qui s’approche.
La brume envahit mon cœur, il est comme arrêté, dans l’attente de l’inéluctable. Qu’est-ce qui est caché dans cette épaisse et grisâtre nuée sinistre.
La brume envahit mon corps, je ne peux plus voir mes doigts tremblants. Qu’elle est cette chose visqueuse qui frôle ma joue ? Que me veut-elle ? Mon âme ?
La brume envahit mon âme, je tombe à genoux, exsangue. Le souffle de mon existence s’en va. La brume me prend entier... je ne suis plus rien.
La brume a envahit mon monde. Je ne suis plus rien que le souvenir de quelque chose. Qui pourra dire que j’étais. Qui pourra témoigner ? Personne !

Épinac, le 24 novembre 2021

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