Gazette n°349
mercredi 22 juin 2022
sponsorisée par l’autodéfense

“Promenades entre collègues, deuxième étage” vient de sortir, c’est un autre recueil d’aphorismes... où, comme les appellent l’auteur... des “minuties”.
Justement, la minutie... c’est important !

SI VIS PACEM... JOUE PAS AU CON

Il y a peu j’ai reçu l’appel d’un “plouc homophobe”, certainement facho.
On connaît l’adage audiardesque qui dit que “les cons ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît.”
J’étais donc méfiant... normal... un con c’est imprévisible par essence. S’il a été capable de supporter sa couardise au téléphone, il est toujours capable d’avoir un sursaut de “fierté... donc rien ne vaut finalement la “défense passive”.
J’ai donc placé un piège à con juste en dessous de la fenêtre du rez-de-chaussée. Je l’ai appelé “casse-couilles” car il est étudié pour qu’il écrase l’entre-jambe du visiteur impromptu, ayant pour objet de lui interdire par la suite de se reproduire, ni même d’ailleurs de se satisfaire tout seul.
À l’huis de la porte du jardin, j’ai placé un tapis de fakir “Saint-mon-clou”, manière d’accueillir par un tapis de clous rouillés l’impétrant subreptice.
Pour protéger l’entrée par la seconde pièce, j’ai opté pour le “goudron et les plumes”... un système ingénieux que je ne dévoilerais pas plus avant ici pour en garder le secret.
Enfin... pour ce rez-de-chaussée, the cherry on the cake ; à la porte d’entrée principale : un maillet de sculpteur avec une tête en acier poli (merci “Leking enchanteur”) tendu par un gros ressort, placé de telle sorte que tout non-invité passant par là, sera marqué à vie, au front de l’infamie.
À l’étage, où j’ai ma chambre, j’ai juste recouvert la balustrade du balcon avec un produit hautement glissant ; toute personne s’y appuyant par mégarde en essayant de passer ici par une échelle, se risquera à être surprise.
Bref...
Hier, je suis allé faire les courses pour ma sustentation. J’ai donc “placé en état de veille” ma défense passive avant de mettre mon commerce en “pause”.
C’est quand je suis revenu que j’ai eu une... ou plutôt... plusieurs surprises.
Tout d’abord, il faut le dire : j’avais oublié de fermer la fenêtre du rez-de-chaussée, et j’entendais des cris de douleurs à l’intérieur. C’était mon frère qui voulait me faire une surprise en passant me voir à l’improviste...
Mais, quelle ne fut pas ma surprise en voyant la porte d’entrée ouverte ! “J’ai dû aussi oublier de la fermer à clef” me suis-je dit. Et la factrice, étalée dans les vapes à l’orée de ma librairie, avec sur le front un énorme tatouage en forme de zob . C’est zut, parce que je l’aime bien la factrice... elle est super gentille. Là, elle risque de m’en vouloir.
Je suis entrée donc, pour essayer de la ranimer et de m’excuser auprès de mon frangin... quand j’ai vu mon pote Jean-Marie, assis sur l’un de mes fauteuils, retirant de la plante de ses pieds les énormes clous rouillés du tapis spécial que j’avais mis en place. J’étais confus.
Mais, le pire est ailleurs... à la porte de l’autre pièce, celle qui donne aussi sur le jardin. Il y avait un mec en costard genre “brushing c’est moi brushing” , recouvert de goudron et de plumes. Bon, il avait l’air vraiment fumasse... c’est compréhensible.
Mais là où j’ai eu un souci, c’est quand il s’est présenté :
— Bonjour monsieur Ghn, je suis Henri Dugland... votre percepteur.
“Aïe !”

Aussi, après m’être excusé auprès de toutes ces victimes de la défense passive... j’ai opté plutôt pour un “juge de paix”, tel que celui-ci :

Épinac, le 22 juin 2022

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