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Qu’est-ce que le “Travail” ?

On nous vante sur tous les tons la nécessité du travail. Nul ne doit s’y soustraire. On va même jusqu’à dire : « Le travail, c’est la liberté. » Ceci est vrai en théorie, mais en pratique, c’est bien différent. Le travail est une exploitation de l’homme par l’homme. L’ouvrier n’est qu’un manœuvre, au lieu d’être un créateur. Le capitalisme en a fait une machine dont il se sert pour satisfaire des fantaisies. La ploutocratie des grands trusts voit dans l’ouvrier le rendement seul. L’exploité est une éponge que l’exploiteur presse jusqu’à la dernière goutte. Il faut qu’il meure à la tâche. L’ouvrier est un matricule, comme le soldat. Il lui est défendu d’avoir une originalité. Il n’a qu’à exécuter les ordres qu’on lui donne, même s’ils sont inintelligents. Si son bon sens lui démontre qu’en obéissant il ne fera que du mauvais travail, il n’a qu’à s’exécuter, sans mot dire. La société qui prétend avoir tant fait pour les travailleurs, en réalité a tout fait contre eux.
Le travail a cependant sa beauté. Mais ce n’est pas ce que l’on nous offre de nos jours, sous le nom de travail, qui est beau. C’est, au contraire, la forme la plus basse de la laideur. La tâche, c’est l’attache. Le machinisme a fait plus de mal que de bien. Le machinisme retire d’une main ce qu’il donne de l’autre à l’ouvrier : celui-ci n’a retiré du machinisme aucun profit. Sa tâche n’en a pas été facilitée. La société n’a pris du machinisme que ses mauvais côtés. C’est un nouvel esclavage. [...]