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Confession d’un Enfant du siècle
COMMENTAIRES DU PERE UBU
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PERSONNAGES
PERE UBU - SA CONSCIENCE
La chambre à coucher du Père Ubu.

PERE UBU (se réveillant à moitié). — Quel tapage ! Ce réveille-matin n’en finira pas de carillonner à la porte de mon œil ? C’est bon, on va s’ouvrir. D’ailleurs, il doit être l’aube. En effet, trois heures de l’après-midi. Il n’y a pas de raison pour que je n’appelle pas l’aube le moment où je me lève aussi bien que celui où c’est le soleil qui se lève. (Au Réveil). Te tairas-tu, sagouin ? — C’est tout de même un bon réveil, qui marque le cours de la lune et de la rente, les heures, les minutes, les secondes et les siècles, et qui est garanti deux ans. (La sonnerie redouble). Ah ! Mon Dieu ! C’est au moins l’heure du Jugement Dernier.
LA CONSCIENCE (sortant de la table de nuit). — Pas exactement, ce n’est que le siècle qui sonne !
P.U. — Le siècle ? Mais il me semble qu’il a déjà sonné, l’année dernière ! Comme le temps passe ! Il est vrai que, comme je n’étais pas disposé à me déranger, j’ai dit que mon réveil avançait.
CON. — Et ainsi, par votre faute, des tas de gens, qui n’admettent d’autre vérité que ce que vous dites, ne savent pas encore si c’est l’année dernière ou cette année que le siècle commence. Père Ubu, vous n’avez pas honte ? [...]