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[...] Finalement Gorokitji tomba malade de sa détresse. Et sur son lit de malade il s’ouvrit enfin à son ami, dont le nom était Mouranosouké Higutji. La voix de Gorokitji était faible et tremblait en racontant sa vie passée et ce qui se rapportait au brûle-parfums : « Le propriétaire de cet encens était mon amant. Nous nous aimions d’un amour inaltérable. Mais mon amant pensa que notre amour pourrait être nuisible à ma carrière. C’est pourquoi il me laissa dans cette contrée de l’Est et se rendit à Kyoto. Mais je ne pouvais l’oublier. Je le suivis ici comme page de notre maître Yoshimasa, espérant et attendant le bonheur providentiel de le rencontrer une fois encore dans ma vie. Mais la chance ne m’aida pas. J’ai seulement rencontré le brûle-parfums, et non celui à qui il appartenait, celui que j’aime. Et Gorokitji pleura des larmes amères. Mouranosouké était très triste. Il craignait de perdre son meilleur ami et son amant, si Gorokitji mourait. Et Gorokitji devenait de plus en plus faible, il n’y avait plus d’espoir qu’il vécût. Alors il appela Mouranosouké à son chevet et dit : « Cher Moura-nosouké, cherche ce vieillard après ma mort et aime-le à ma place. C’est parce que tu as été mon meilleur ami que je te demande cette faveur déplaisante et indélicate. Je t’en supplie, accomplis ma dernière volonté, pour l’amour de mon âme qui va te quitter. Si tu lui refuses cette faveur elle ne pourra monter au ciel. »
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