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Chapitre I
Où l’on fait à pied
le tour de la plaine de Grenelle

La plaine de Grenelle est l’œuvre d’un méandre de la Seine… à supposer d’ail- leurs que ce soit la Seine qui traverse Paris puisqu’au confluent à Montereau, le débit de l’Yonne est, selon certains, supérieur à celui du fleuve dont cette rivière capricieuse, venant du Morvan, est censée être l’affluent.
Faire le tour à pied de cette plaine est un voyage d’environ trois heures dans l’espace et de plusieurs siècles dans le temps.

Du Pont Royal à l’héliport de Paris
par la rue des Saints-Pères,
la rue de Sèvres et la rue Lecourbe

Louis XIII voulut ce pont pour remplacer le bac qui avait servi à transporter, depuis les carrières de Vanves et de Montrouge, les pierres nécessaires à la construction du palais des Tuileries, non sans provo- quer quelques accidents. On le fit en bois et à péage ; il brûla, fût emporté par les crues du fleuve, pour la seconde fois en 1684. De 1685 à 1689 Louis XIV le fit reconstruire en pierre, sur les finances de l’Etat, nouvelle marque forte d’autorité royale sur la rive gauche de la Seine.
En passant à l’angle du quai et du 1 rue de Beaune, devant la maison où il mourut, une pensée pour Voltaire, en souvenir de l’affaire Calas. Les Protestants, qui avaient tenu leur premier synode rue Visconti et installé une colonie dans ce quartier eurent, jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, un cimetière rue des Saints-Pères. Les Ukrainiens y ont aujourd’hui une église.
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