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Si je me suis remis à écrire, c’est à cause d’elle. Sans effort d’imagination cette fois. Je me suis contenté de raconter la vérité. Tout simplement.

La première fois que je vis La Star autrement qu’à l’écran, ce fut chez V un psychiatre et psychanalyste parisien renommé où j’officiais comme petite main. Le docteur V s’était séparé de sa femme qui exerçait le même métier et disposait du cabinet de celle-ci en face du sien avec salle d’attente commune. J’assistais à l’école Freudo-Lacanienne au séminaire de V depuis de nombreuses années quand un soir, après son cours et les congratulations des groupies et apparatchiks de l’école, il me demanda si je pouvais le déposer chez lui, sa voiture étant en réparation. Il avait soif et moi aussi, nous nous retrouvâmes devant un bock au zinc chic du coin. Il me questionna sur ce qui m’avait amené à la psychanalyse, je répondis : la folie. Il me sourit et dit :
— C’est une motivation ou une réponse qui aurait plu à Lacan.
Et en souvenir du vieux maître dont il avait été le disciple il soupira bruyam- ment comme lui : hinhin hinhin hinhin. Puis je lui racontai mes études sur le tard, mon parcours analytique, les prémices, les onze années sur le divan de Pommier réputé lui aussi, et puis un curieux épisode de désubjectivation des années plus tard dont je ressortis plus fort et plus lucide. Je compris ensuite que ce dernier événement avait été décisif pour la proposition qu’il me fit.
Il s’étonnait que je continue d’exercer un métier (commercial) qui ne me passion- nait guère et dont le principal avantage était de disposer de mon emploi du temps relativement à ma guise. Ce dernier trait retint aussi son attention. [...]