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INTRODUCTION

Ce n’est point une œuvre philosophique que nous nous sommes proposé d’écrire, mais un simple chapitre de l’histoire du comté de Bourgogne.
Si ce chapitre répand un nouveau jour sur une des plus grandes aberrations de l’esprit humain, s’il contient même quelques enseignements philosophiques, nous ne nous en défendrons pas. Mais si, confondant les temps, un lecteur mala- visé prenait prétexte de nos recherches pour rendre responsable notre époque des erreurs d’un autre âge, nous lui laisserions la responsabilité d’un ana- chronisme dont nous sommes innocent.
Vesoul, le 1er juillet 1861.

Chapitre I
Ce qu’on a cru des sorciers

Dans tous les temps il y a eu des hommes qui, pour exploiter la crédulité de leurs semblables, ont persuadé qu’ils étaient en communication avec des puissances surnaturelles, et se sont attribué le privilège de prédire l’avenir, de guérir les maladies, de découvrir les trésors, au moyen de conjurations et de pratiques bizarres. Ces sorciers-là ne sont pas de notre sujet.
Les sorciers que nous réclamons étaient des hommes et surtout des femmes qui se donnaient à Satan, assistaient aux sabbats ou assemblées des sorciers et des démons, et secondés par le génie du mal, faisaient, pour nuire, des actes impos- sibles à la puissance humaine.
Ainsi, se donner au diable corps et âme, assister au sabbat, et user de maléfices surnaturels, depuis la simple maladie d’un animal domestique jusqu’à la mort d’un père de famille, tels sont les caractères principaux, constitutifs de la sorcellerie. [...]