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[...] J’allais quitter la salle quand, de la vitrine voisine un bref éclat lumineux me fit cligner. Je m’approchai. Venue du néon du plafond, la lumière me renvoyait l’éclat de couleurs vives et brillantes d’une statuette illustrant une scène tout aussi piquante que la broche d’à côté. On y voyait un beau jeune homme administrant la fessée à une appétissante jeune fille renversée sur ses genoux dont il avait troussé jupe et jupon et qu’il tenait ferme de son bras droit par la taille. La jeune fille devait déjà avoir reçu sa volée. La peau blanche dénudée était marquée de zébrures violettes. Elle portait un chapeau de paille orné d’un ruban à fleurettes assorties à sa robe printanière et noué sous le menton. Le jupon, blanc et volumineux, cernait le point culminant du personnage, conférant à son postérieur rebondi et flagellé le prestige d’une pierre précieuse qu’on aurait griffée dans son écrin.
Bijou crève-cœur, me dis-je encore.
La demoiselle ainsi troussée était toute raide de protestation, les deux jambes tendues, les pieds à demi déchaussés, le visage tourné vers le sol, ses deux bras pendant inertes, victime à la fois furieuse et désireuse, révoltée et consentante.
Quant au jeune homme, vêtu d’un pantalon noir et d’une chemise blanche, coiffé aussi d’un chapeau de paille mais garni d’un ruban noir, il était assis sur une chaise de jardin de couleur verte, les yeux fixés sur ce qu’il avait dévoilé, le buste légèrement en retrait, prenant son temps et appréciant à loisir une situation dont il était assuré d’avoir la maîtrise, le bras gauche levé, prêt à frapper.
[...]