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Lettre-Préface

Cher Citoyen,

Je crois, comme vous, que la société capitaliste est le milieu le plus déprimant qui ait jamais existé pour l’Art et l’Artiste, industrialisés et tombés à l’état de marchandise. Et, comme vous, je sais que, loin d’être un retour, même momentané, à la barbarie, le triomphe du socialisme donnera lieu à une explosion de toutes les puissances artistiques de l’humanité, auprès de laquelle la Renaissance pâlira. Vos Principes du Socialisme ont pour but de faire partager cette double conviction aux intéressés, à ce monde de littérateurs, de peintres, de sculpteurs, de musiciens qui n’a pas conscience de son abaissement actuel et fait corps avec les marchands du Temple contre ses libérateurs du prolétariat en marche.
Puissiez-vous réussir et persuader à beaucoup que l’émancipation de l’Art ne fait qu’un avec l’émancipation du Travail !
Je ne dis pas à tous, parce que, plus particulièrement réflexe, le cerveau de l’Artiste suit et ne précède pas.
Mais ne détacheriez-vous du bloc réactionnaire qu’une poignée de soldats à la Révolution que vous n’auriez perdu ni votre temps ni votre effort.
Croyez à ma vive sympathie.
Jules Guesde
Paris, le 8 mai 1895.

Des fins de l’homme

Pour qu’un système social prétende à la perfection, il doit embrasser dans ses cadres les hommes de tous les pays, les conduire à leurs fins présentes et préparer leurs fins futures.
Quelles sont donc ces fins, c’est-à-dire quel doit être le but de nos efforts ? [...]