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“« Il est neuf heures dix », me dit mon amie V. qui parle toujours à voix basse. Comme s’il ne fallait pas l’ébruiter.

Avec mon amie V. qui parle toujours à voix basse, nous devons tous être appareillés.

Quand mon amie V. qui parle toujours à voix basse s’exprime, on attend encore qu’elle prenne la parole.

C’est seulement quand elle nous dit un secret à l’oreille que mon amie V. qui parle toujours à voix basse, s’exprime comme tout le monde.

Si mon amie V. qui parle toujours à voix basse se répète, ce n’est pas qu’elle soit gâteuse. On n’a pas entendu la première fois.

La différence est minime entre penser et parler pour mon amie V. qui parle toujours à voix basse.

C’est comme si mon amie V. qui parle toujours à voix basse était dans une église. Tout le temps.

Silence hôpital. Alors que je longe le CHU en compagnie de mon amie V. qui parle toujours à voix basse, je n’ai qu’une crainte : qu’elle baisse le ton.

Longtemps les voisins de mon amie V. qui parle toujours à voix basse, ont cru que son mari vivait seul avec ses enfants.

Quand mon amie V. qui parle toujours à voix basse fait un tour de jardin en chantonnant, les oiseaux ne s’envolent pas.”
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