Partager

Essoufflé, C. court avec son chien-loup dans la forêt. Me croisant il s’accorde une pause pour souffler. « Pourtant j’ai tou- jours couru avec mon chien », me dit-il. Avant, il avait un teckel.

« C’est un croisement entre un loup et un berger allemand », m’explique ma vieille voisine accompagnée de son chien Bobby, un petit bâtard frisé blanc. Mais elle parle de celui de C.

Le chien-loup de C., assis dans la neige sur la colline, est très photogénique. Mais bobby, le petit bâtard frisé blanc, non.

« On choisit des chiens qui nous ressem- blent », affirme C. flanqué de son magni- fique chien-loup, à ma vieille voisine qui sort Bobby, son affreux petit bâtard, et qui ne semble pas convaincue.

Abandonnant son maître, ce chien-loup fait demi-tour et m’accompagne un moment dans ma promenade. Alors je me réjouis ensuite de voir venir au loin un couple — avec une très belle femme.

« Le chien-loup doit faire deux longues sorties par jour, comme vous », me dit, épuisé C., les sourcils froncés — comme s’il me reprochait de me promener à vide.

Le chien-loup de C. s’arrête pour renifler une fleur, repart, urine contre un tronc, repart, revient sur ses pas, se retourne et rejoint en quelques bonds son maître à la foulée régulière. Peut-on alors dire qu’ils courent ensemble ?

« Le chien-loup est déconseillé pour les personnes âgées qui vivent en appartement », me dit C., instructif.
[...]