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« Une baguette pas trop cuite », demande le déplaisant P. les jours où elles le sont trop. « Une baguette bien cuite », ceux où elles ne le sont pas assez.

Ce matin j’aperçois le déplaisant P. qui se gare sur une place handicapé. Je m’inquiète, c’est vrai que je ne l’ai pas vu depuis des mois. Peut-être a-t-il été victime d’un accident vasculaire, d’une crise cardiaque ? Ou est-ce une maladie neurologique qui perfidement le condamne à un lent déclin, ou au contraire à une mort rapide ! Mais il me rassure, il va très bien.

Les uns après les autres, nous avons discrètement demandé à notre hôte de ne pas nous placer à côté du déplaisant P. Si bien que, le jour venu, le voilà en bout de table. On ne voit que lui, on n’entend que lui, il est notre voisin de table à tous.

Nous plaignions la nouvelle compagne du déplaisant P. Une victime sûrement, une oie blanche qui ne sait pas ce qu’elle fait, une naïve embobinée. Jusqu’à ce que nous rencontrions cette harpie.

« Pas d’acharnement », m’a dit une fois le déplaisant P. alors que nous parlions du projet de loi sur la fin de vie en débat à l’Assemblée Nationale. Aussi, quand il se cogne à une branche basse alors que nous nous promenons après le déjeuner, l’envie me prend de l’achever.

...et si la fille du déplaisant P. s’engageait dans des études de langues uniquement pour partir un an à l’étranger, loin de son père, en profitant du programme Erasmus ?
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