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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique

VINGT NEUVIÈME TRIADE
Chant LXXXV

Par étrange histoire débute l’âge de William,
Le nouveau baron d’Aspatria,
En mémoire longue gardera ce jour.
En vespre du “All Hallows” 1186.
Chasse la biche en la forêt d’Inglewood,
Avec Duncan le Roux, il a vision.
Un homme de forte taille, gigantin,
D’allure vigoureuse et visage noble,
Longs cheveux blonds tombant en son dos,
Barbe drue et teint foncé, comme d’Enfer.
Monté sur noir destrier, il crie,
« Que Uther Pendragon fasse ce qu’il peut,
Eden courra là où Eden courait ! »
Les deux amis ont tant effroi
Et leurs montures aussi bien,
Qu’ils tournent sabots, quand
Masse d’eau en grande vague
Emporte l’image effrayante du cavalier.
Ayant couru entre les branches
Des arbres de la forêt, griffés de toutes parts,
Ils stoppent leur folle course.
« Mais qui était ce diable ? » dit Duncan,
« Ce ne peut être que le père d’Arthur ! »
Duncan, grand gaillard ni fol ni craintif,
A les yeux alors tels soucoupes de tasse,
Mais à l’instant, le baron saute de son cheval,
Se met à genoux, baisse la tête.
« Joins-toi, Duncan, et prions,
Demandons pardon à Dieu de nos fautes.
C’est, j’en suis sûr, message du Seigneur
Car sinon, serions ja aux Enfers. »
Depuis ce jour, William institue
En son domaine, jour de fête religieuse
En la veille du jour des saints.


Chant LXXXVI

Novembre 1187 est fort triste,
Pour les chrétiens qui connaissent la nouvelle.
Jérusalem est tombée en mains de Saladin,
Un mois plus tôt, par-delà les eaux.
Expurgeant la chevalerie de la Sainte Ville
De notre Seigneur et par forte monnaie,
Pour garder en leur poitrail vie et âme.
Ils reviennent, qui sains, qui forts navrés,
Racontant par tous leurs royaumes
Atroces récits des méfaits du Sultan.
Cependant, William, de par ses amitiés,
Sait la vérité, les deux camps ont fait massacres,
Et par quel véritable intérêt le Pape,
Par “Audita tremendi”, en appelle encore
À énième croisade en ces lointaines terres,
Qui pour avoir porté le Christ,
N’en sont pas moins éloignées des terres
Des royaumes chrétiens d’Occident.
“Quels avantages tirons-nous de cela ?
Si ce n’est appauvrissement d’ici,
Où nos gens meurent de faim ou de froid. »
Les pensées du baron sont bien gardées
En partage d’avec âmes semblables,
Et non point laissée par sales bouches,
Répétées pour nuire au bon homme
Qu’il est ja, accompagné de sa douce Gwerfyl.
D’autant que tous attendent le délivrement
De leur enfant à naître début décembre.
« Ah, mamie, c’est plaisant de vous voir ainsi,
Grosse de notre premier-né,
Pourvu que soit garçon, pour assurer ma suite,
Mais si c’est fille, je n’en serai pas moins en joie,
Je vous aime tant que je chéris déjà l’enfant. »


Chant LXXXVII

Lors que l’enfant naît, une fille,
La mère perd tant son sang,
Que la vie la quitte, laissant veuf,
William et orpheline la petite.
Ainsi le baron, dans sa tristesse, nomme Sybil,
Il en explique la raison à son Duncan,
« J’ai lu “l’Oracle de la Sibylle Tiburtine”,
Prophétesse et interprète de rêves et visions
La venue du Christ et du Jugement dernier.
Que puis-je attendre d’autre désormais ? »
Si bien qu’oubliant ses doutes,
Il s’engage, suivant le noble Richard,
Fils du roi Henry II, en croisade.
Après la mort du roi, le 6 juillet précédent,
C’est en 1190, alors que Richard 1er,
Roi, respectant foi et prestige,
S’engage, lui et nombreux barons,
En voyage de Terre Sainte,
Voulant bouter de Jérusalem,
Le mécréant sarrasin et ses troupes.
Partant de Vézelay le 4 juillet,
Le roi d’Angleterre embarque
De Marseille, puis reste en Sicile
Six mois, durant l’hiver et repartir enfin.
Après moult extravagants remuements,
Ils sont devant Saint-Jean-d'Acre,
En avril 1191 et les massacres
Perpétrés au Saint Nom de Dieu,
Finissent par décourager William
Qui demande à son roi de le libérer.
“Ô roi magnanime, dont le bras soutient
L’honneur des fidèles et la paix des terres,
Permettez mon retour, pour l’amour de Dieu.”
Sans ombrage, il reçoit sa libération,
Et est de retour en Aspatria en mai 1192.


lundi 13 avril 2026, “Le fossé d’Hastings” 30ème triade chants 88 à 90.