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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique
TROISIÈME TRIADE
Chant VII
Une semaine plus tard non loin de Londres,
Éloi et ses guerriers s’en approchent.
En ce matin-là, la Tamise sinueuse
Est parcourue d’une brume persistante.
Mais on peut apercevoir les palissades
Et les tours de la muraille veillant,
Veillant sur la sûreté de la capitale.
« Irons-nous inquiéter ces rues, Chevalier ? »
Hereward montre de sa main, d’abord
Derrière lui deux cents soldats normands
Puis devant lui la ville grouillante.
« Tu es bien avisé archer !
Tu as raison, nous contournerons la ville
Inutile d’alerter et d’apeurer l’habitant. »
D’autant que la campagne est douce à ses yeux
Elle lui rappelle ses terres normandes
De Chevalier banneret de Fontaine-Haute.
Guillaume lui en fît don de par la loyauté
La loyauté d’Éloi dans la jeunesse du duc,
Cette fidélité sans faille
Qui maintenant le voit sur les routes,
Ces routes qui le mènent vers sa baronnie,
Sa future terre que son Roi lui offrît.
Mais alors qu’ils ont laissé Londres
Ils entendent derrière eux des bruits
Des bruits étouffés, des bruits de dangers.
Apparaît une vaste bande de brigands
Flairant le chaos de la guerre
Se laissant appâter par un possible gain.
Éloi de Fontaine-Haute en proteste
« Holà brigands, nous sommes en arme ! »
Chant VIII
Sortant d’entre deux haies un homme à cheval
Il est altier l’œil fier et la main à l’estoc déjà
« Je ne suis pas brigand, espèce d’antéchrist ! »
Entendant l’insulte qu’on fît à sa religion,
Éloi, tout seul, se rue sus au calomniateur
L’épée en avant comme en joute.
Le mécréant qui désirait certainement cela
Trop arrogant de ses droits, fait face.
Mais surprenant son adversaire anglais,
Éloi, au lieu de rompre le fer, lance “Snar”
L’épée qu’il reçut quand il était jeune hobereau.
Elle file à l’horizontale comme une lance,
Elle se plante toute droite dans le ventre gras,
Ayant coupée net la maille mal ajustée.
Ce ventre rempli qui verse des flots de sang
Le sang de la haine du diffameur.
Celui-ci tombe à terre en criant « Je te tuerai ! »
Éloi regarde son ennemi avec surprise.
« Qui est donc cet homme qui me voue telle haine ? »
C’est Hereward qui lui répond,
« Ansgar le constable en la garde de Londres. »
Éloi se met à genoux tenant la tête d’Ansgar.
« Je te comprends combattant, et je t’attendrais. »
Il se relève, tournant la tête à la troupe médusée
« Je n’ai rien contre votre chef, repartez en paix.
Guillaume est vainqueur et la promesse reçue,
La promesse qui lui fut faites sera remplie.
En son nom je vous prie d’accepter ce destin,
Ce destin qui voulut par Dieu faire de l’Angleterre
Le nouveau fief de Guillaume que désormais
En tout lieu nommeront Guillaume, Duc de Normandie,
Roi d’Angleterre... Guillaume le conquérant ! »
Chant IX
Les fidèles d’Ansgar font volte-face,
Portant leur chef si profondément blessé,
Laissent la route d’Aspatria ouverte.
À la tardive heure, Éloi et ses partisans
S’arrêtent aux abords de Berkhamsted
Ils vont camper, car l’automne est ici plus dru.
« Nous allons faire halte ici mes braves,
Qu’on appelle Bertran de Falaise
Ce si brave jouvenceau que j’ai vu
À la bataille mouliner tant que tout autour
On lui trouvait tapis de nombreux cadavres.
J’ai besoin de lui pour une mission. »
Aussitôt on cherche le jeune Bertran,
Bertran, fils d’Odon de Falaise.
Odon qui près du Duc lui servit de bouclier,
Odon qui fut navré puis décapité à Hastings.
La tête séparée de son corps par une épée,
L’épée de Gyrth frère d’Harold,
Lui-même avant d’être trépassé par Guillaume.
Enfin le damoiseau arrive,
« Que puis-je de ma vie servir ? »
« Il n’est pas question de donner ta vie,
Tu vas aller voir notre futur Roi. »
« Guillaume ? Je vais voir Guillaume ? »
« Ne m’interrompt pas noble guerrier,
Tu vas lui dire que je trouve ce lieu
Par ici très bien pour mon rêve, il saisira »
Sans en comprendre tout le sens,
Bertran saute sur son coursier,
Ne laissant aux yeux de la troupe
Que la poussière des sabots.
« Installons-nous ordonne Éloi »
vendredi 9 janvier 2026, “Le fossé d’Hastings” 4ème triade chants 10 à 12.