MENU
GRATOS
ROMANS
BRÈFLES
ADULTES

Contes presque vrais
et pas totalement faux
Nouvelles

Promenades
au point culminant
Arts et divers

L'ombre de l'Écarlate
Roman

Dachau 1933,
“l'enfer” nazi
Histoire

de la Méduse... à Géricault
Histoire

De profundis
Roman

Délicates chroniques
de la flagellation
Adultes

Dernier été à Saint Désert
Biographie

Des fables et des gens
Arts et divers

Dialogue entre un prêtre
et un moribond
Politique

Dictionnaire d’argot
du siècle
Arts et divers

L'improbable est guttural
Nouvelles

Douze preuves de
l'inexistence de dieu
Politique

Droit au but
Poésie

Duel pour un viol
Histoire

Égalité des hommes
et des femmes
Politique

Grenelle,
variations sur un mot
Histoire

Eugène Pottier, un
défenseur du prolétariat
Biographie

Grand dictionnaire
de cuisine (3 tomes)
Arts et divers

Histoire de la sorcellerie
au comté de Bourgogne
Histoire

Histoires de viandes froides
Nouvelles

Pas de destin,
mais ce que nous...
Romans

J'accuse ou
la conscience humaine
Politique

L'étrange cas du Dr Jekyll
et de Mr Hyde
Romans

L'histoire de Pierre lapin
Enfants

Claude Gueux
Politique

Alice au pays
des merveilels
Enfants

À bas le travail
vive les travailleurs
Politique

Made in Cocorico
Humour

Pour l'amour d'un homme
Nouvelles

Promesse d'Angleterre
Histoire

Chats d'auteurs
Nouvelles

La tapisserie de Bayeux
Arts et divers

La fin du monde
Romans

Considérations sommaires
sur la prison
Politique


LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique

SIXIÈME TRIADE
Chant XVI

Un mois s’est passé, Éloi Baron d’Aspatria.
Est chez le seigneur d’Allerdale, Waldeof.
« Aucun combat ? » s’étonne son hôte,
« Aucun messire, j’ai partagé les tâches au mieux
Et il semble que ce soit accueilli avec joie. »
Waldeof, dont la terre d’Aspatria lui fut retirée,
Aspatria par Guillaume offerte à Éloi.
« Promesse, promesse ne fait pas loyauté »,
Waldeof raille, le souri en coin.
« Vous avez raison, c’est pour cela que ce sont faits. »
À cet instant, une belle jeune femme paraît
Interrompant la joute si paisiblement,
Glissant comme un vent frais vers les chamailleurs.
Éloi se lève, invitant la douce Edith,
Edith of Chilham dont il a la charge,
Cette responsabilité d’accompagner la grossesse
Dont l’auteur doit rester en ignorance de tous.
« Je vous présente une amie, qui voyez est grosse,
Son mari en champ de guerre à Hastings fut occis... »
Se levant aussi, le scandinave est sous le charme,
« ...Mais que partant, il vous laissât un enfant. »
Laissant seigneur Waldeof dans son raisonnement
Éloi en profite, d’échapper prudemment,
Et d’éviter de continuer cet affrontement stérile.
Il aurait bien d’occasion de prouver
Que Waldeof puisse avoir fiance en sa loyauté.
Le roi ayant jugé bon que Waldeof restât
C’est que le Roi Guillaume avait ses raisons
Et ce n’est pas lui, qui doit tout au Roi,
De lui en contester la décision.
« Venez ma chère amie, je vous sauve.
De ces querelles vous n’avez que faire. »


Chant XVII

Winchester est un peu frais en ce mars 1068
Le vingt-troisième jour, alors que le Roi Guillaume,
Guillaume qui a pris Exeter après un court siège,
D’une attente paisible sous la neige de janvier,
Dix-huit jours seulement[1] pour vaincre.
Et là, après la célébration de la Pâques,
En ce vieux Minster de Winchester[2], il court les marches,
Prestement, il va rejoindre son aimée, sa douce.
« Mahwyn ! Ma fille ! Mon trésor, mon cadeau. »
En effet, il y a plus de six mois de là,
Edith of Chilham lui donna naissance,
Et lui donnant la vie elle finit la sienne,
Laissant Guillaume dans la douleur et la joie mêlées.
Éloi, Baron d’Aspatria, qui fait officiellement
Seulement pour qu’on ne jase point, office de père,
Père adoptif, veuf de peu et célibataire encore.
Le roi se jette aussitôt dans les bras de son Baron
Baron, oui de par lui, mais ami de par le cœur.
« Ah ! Éloi, Éloi... et as-tu trouvé compagne dis-moi ? »
« Non mon roi, je suis toujours dans le deuil,
Aélis me manque, et la naissance de mon Guillaume... »
« Oui... ton Guillaume ! Que devient celui-ci ? »
« C’est la grande et calme Ælfwyn,
L’épouse de mon bon Bertran, qui s’en occupe. »
Le roi, qui partage la même douleur de la perte,
S’assied sur le coffre au pied du lit de sa petite Mahwyn.
Ce lit si grand que douze enfants pourraient y dormir,
Y dormir tant à leur aise que l’enfançonne.
« Il me faut te demander encore un service, mon ami. »
« Demandez mon roi, rien ne peut vous être opposé. »


Chant XVIII

« Connais-tu Durham mon bon Éloi ? »
« Oui, et j’y connais déjà quelques âmes bonnes. »
Guillaume se relève, tout soudainement,
D’un coup ragaillardi par la bonne nouvelle.
« On m’a informé que les troubles sont forts,
Trop à mon goût, et je souhaite ne pas saigner,
Aussi je me demandais, si par ton ambassade... »
Levé lui aussi, à la suite de son suzerain,
Éloi prend son épée en main et la rengaine.
Joyeusement, il prête serment.
« Que Snar soit tranquille et que ne la sorte,
Qu’en la sauvegarde de votre trône, mon roi.
Il ne sera fait aucun tourment tant que le peux. »
Dès lors, Éloi, chargeant l’un de ses servants
À s’occuper de l’enfant en sa place, il part.
À la mi-avril Éloi toque à l’huis d’Eochaid,
Son ami de Durham, “le scot, bien taillé”[3],
Comme le surnomme le Baron d’Aspatria.
« Holà ! Qui va-là ? Qui frappe si fort qu’un troll ? »
L’Écossais trouvant son ami, seul, à sa porte,
Il s’en inquiète en le faisant entrer, sans plus.
« Mon ami, je vais avoir besoin de tes dons. »
« Ça commence mal », sourit Eochaid.
Il lui peint le portrait du paysage qui le ronge,
Et son ami l’écoute sans mot dire.
Un grand silence suit, d’yeux en yeux,
Avant qu’enfin l’hôte se lève.
« Je te sers une pinte, et nous allons parler,
Car tu le sais bien, j’aime la clarté. »
Ainsi, jusqu’au cœur de la nuit ils discutent,
Avant qu’au matin, Eochaid se décide.

[1] worldhistory.org et “Encyclopædia Britannica” (cf sur Gutenberg).
[2] L’ancienne “cathédrale”, ou disons, l’ancienne construction.
[3] Jeu de mots consacrant la force et le goût de la mode de l’ami. NdA


lundi 19 janvier 2026, “Le fossé d’Hastings” 7ème triade chants 19 à 21.