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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique

HUITIÈME TRIADE
Chant XXII

L’an 1076 calme les temps
Le roi sur ses terres normandes, Éloi respire.
Après avoir couru au service de son roi
Il peut prendre du temps, s’occuper de sa terre.
D’abord, il envoie son aîné, Huguelin
Pour qu’il administre Fontaine-Haute
De l’autre côté de la Manche.
Servant par la même, le Roi Guillaume.
À la demande d’Éloi, Huguelin est adoubé
Chevalier Huguelin de Fontaine-Haute.
« Père, du haut de mes vingt-trois ans,
Je saurais vous rendre fier de ma foi
Ma foi pour vous, ma mère, qui plut au ciel
De nous la reprendre par la naissance,
La venue de votre Guillaume, le doux.
Je servirai couronne et titres jusqu’en mort. »
Effusions, larmes d’Eadgyth of Wychwood,
Future Baronne d’Aspatria, qui tant est douce.
Le fils part à la suite de son roi,
Éloi s’occupe d’administrer sa baronnie.
Sagement, justement, il aide le pauvre
Et pousse le fort à faire avec humilité.
Le 12 avril 1076, Guillaume est en Normandie,
Il fait le siège de Dol-de-Bretagne
De 14 septembre en 4 novembre[1],
Puis se retire, prudent, devant Philippe 1ᵉʳ.
Guillaume revient à Londres pour la Noël,
C’est à son retour qu’il apprend avec joie
Le mariage de son ami fidèle le 2 février,
« Un lundi ! Merveilleux » aurait dit le roi.


Chant XXIII

Ce fut une fête extraordinaire,
Le mariage d’Éloi, Baron d’Aspatria,
Seigneur Chevalier banneret de Fontaine-Haute
Avec dame Eadgyth of Wychwood de noble lignée,
Plus de cent invités, dont le Roi lui-même.
Mais l’hiver frappe durement, et plus sûrement le faible,
Le gel à fendre étend sa main partout,
Même la Tamise voit blocs de glace sur ses eaux.
Le Baron Éloi, qui n’en peut mais, a ouvert un Hospice,
“L’Hospice de la Lumière” dont il laisse la charge,
La direction à sa douce femme, Eadgyth
Avant que Lanfran ne le consacre peu après.
Mais ce qui marque 1077, c’est la tapisserie,
Le 14 juillet de cette année mémorable,
Car la Reine Mathilde la présente à tous
Pour la première fois, le jour de la dédicace,
Consécration de la nouvelle Cathédrale de Bayeux.
Cette œuvre gigantesque par le sujet et la taille,
Comme l’écrit en 1085 Baudry abbé de Bourgueil :
“Velum ad parietes, regum gestis ornatum,
Ubi dux Britanniam virtute magna stravit;
Totum patet, campis et freta complectens,
Navis transeunt, castra surgunt...”[2]
À la fin de l’année, Huguelin vient voir son père
Lui présente Maireguerite de Rouen,
Fille d’un Notaire fort bien connu de réputation,
Elle a vingt ans et plaît assez à son beau-père.


Chant XXIV

En mars 1078, Robert, fils ardant du roi, piaffant,
Se dévoile et s’unissant à quelques méchants,
Se soulève contre son propre père, Guillaume.
Dès le mois de mai, Éloi rejoint le roi
Avec Huguelin pour faire entendre raison.
Mais Robert est sourd et comme fol,
Ce ne sont qu’escarmouches, mais navrantes.
À l’hiver, Robert revient à raison.
Éloi, lui, en profite pour jouer avec Ralph,
Petit-fils du baron qui voit sa lignée perdurer.
Pendant ce temps, son petit dernier l’affole,
Guillaume, à onze ans et déjà il lit le latin,
Il fait même l’école à Mahwyn, fille du roi.
« Tu sais, Huguelin, je vais séparer ces deux-là,
Je trouve Guillaume trop entreprenant
Avec la petite, je ne veux pas de cupidon. »
Huguelin, plus souple, n’est pas d’avis.
« Je crois que notre roi au contraire,
Verrait d’un bel œil une telle union,
Si tant est, en temps et en heure.
Regarde-les, comme ils s’entendent divinement »,
Éloi se convainc, de fiance en son aîné.
Malheureusement, Guillaume, lui.
Son fils Robert Courteheuse, de nouveau,
Agace la patience paternelle à Gerberoy,
Ce fils sous l’influence néfaste du Roi de France
Est sous le siège armé du Roi Guillaume,
Qui de siège-las, le laisse bouillir en ses murs.
C’est en 1080 que le calme revient.
Newcastle est fondée en Angleterre par Robert,
Qui, envoyé du Roi, contient les Scots.
Guillaume, fort las, avoue à Éloi,
« Ce fils est un insolent, mais c’est mon fils. »
« Oui, la paternité est sujet grave », répond Éloi.


[1] Les dates exactes étant inconnues, j’ai extrapolé sur les renseignements des chroniques.
[2] “La tenture aux murs, ornée de hauts faits,
Où le duc conquit l’Angleterre par grande valeur ;
Elle s’étend entière, embrassant champs et mers,
Les navires passent, les camps s’érigent...”
La date d’écriture, en 1085, est approximativement exacte, le texte, lui, est fictif, car l’original m’est inaccessible.

vendredi 30 janvier 2026, “Le fossé d’Hastings” 9ème triade chants 25 à 27.