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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique

VINGT CINQUIÈME TRIADE
Chant LXXIII

Alors qu’Henry d'Aspatria déjà prend son rôle,
De par la volonté de son père, vieux déjà,
Cette année 1164 voit brouille tant exaspérée
D’entre le roi Henry II et l’archevêque Becket.
Le roi restreignant l’Église de ses privilèges,
Les barons de leurs droits féodaux,
Henry II agite beaucoup en le royaume.
L’année précédente, ja, Henry II d’Angleterre
Avait promulgué l’égalité de tous ses sujets,
De par tribunaux royaux tous étaient égaux.
À la parfin, Thomas Becket craint pour sa vie,
Aussi l’archevêque de Cantorbéry s’enfuit.
Mais c’est début décembre qu’Henry d’Aspatria,
Mandé par son roi, reçoit première mission.
Il doit aller s’aboucher, pour cela,
Avec la personne de Guillaume de Scotia.
Malcolm, son frère le roi, tant frêle et malingre,
Peut en effet trépasser en tout moment.
Le fils du baron, doté de même esprit
D’Éloi, son arrière-grand-père,
De Guillaume son grand-père,
Ou de son père même Richard,
Il fait tant belle et bonne figure auprès du Scot,
Qu’une amitié naît à leur première encontre
En le château royal d’Édimbourg.
L’échange fut rapporté à Henry II
Qui fut prévenu des ambitions
Du futur roi des Scots, bien plus arrogant.
« Il me faudra certainement affronter
Ce rugissant Scot, mais je le crois honnête
Dans l’esprit de son peuple... nous y verrons. »
Eut dit le roi d’Angleterre, satisfait de son vassal,
Henry d’Aspatria, en futur baron loyal.


Chant LXXIV

Alors que William, premier fils du futur baron,
Fête son quatrième anniversaire,
Ce 25 du mois de novembre 1165,
C’est le baron Richard qui s’éteint paisiblement
En sa couche, entouré de son épouse Elizabeth,
De ses enfants restés vivants de par Dieu,
Henry, reprenant le titre et la tâche de baron,
Agnès, douce mère accompagnée d’enfants,
Alan, toujours éternel célibataire et tant plaisant.
De ses petits-enfants, les jumeaux Hugh et Robert
Et Matilda de la branche cadette,
Eleanor, William, Margaret et Edmund
De la branche senior qui ja augure bien.
Sans compter les servants et servantes du manoir,
Emma, John, Bertram, Edith et Rose,
Leurs époux et épouses ainsi qu’enfants.
Tous pleurent la fin de cet homme d’exception,
Qui aux uns et aux autres apporta tant,
De par tranquillité, sagesse et connaissances.
Mais les temps s’agitent à la mesure des hommes,
Ainsi, Henry d’Aspatria, par son beau-père,
Edwin atte Weye, il est mis au courant
D’une si belle nouvelle venue de France,
Voilà une cathédrale à Paris, dont construction
A de peu de temps déjà commencée
Qui fait jaser dans toutes les cours d’Europe.
Mais Henry a peu de temps à consacrer
À ses nouvelles et grandes responsabilités,
Que le roi Henry II le mande en début de l’an 1167.
« Je me dois, sans délayer outre,
Aller en France pour affaires du royaume,
Je sais que vous serez bon relais,
J’aurais besoin de votre entregent
Dans les ans à venir. »


Chant LXXV

Une missive arrive par chevaucheur pour le baron,
“Diarmait Mac Murchada, roi de Leinster,
A été chassé par O’Rourke et se trouve à Bristol.
Il demande mon appui pour reprendre ses terres.
Informe-le qu’il pourra compter sur mon aide
S’il me rend hommage et respecte ma suzeraineté.
Porte ce message par bouche sans omettre un mot
Tu m’en rapporteras réponse pareillement.
Henri, roi d’Angleterre, 11 janvier 1167”
Voilà Henry d’Aspatria en sa première mission,
Aussi, il part au plus tôt, accompagné
Du géant Bertram, qui en la baronnie
Est chargé des gros travaux.
En une petite quinzaine les voilà par routes,
D’Aspatria à Carlisle, de Carlisle à York,
De York à Lincoln, Lincoln à Leicester,
Puis Gloucester puis le fort port de Bristol.
Le baron est reçu par le roi Diarmait en exil,
Chez l’un de ses amis Maurice fitz Dermot.
« Ainsi le roi Henry désire mon hommage,
Cela je le fais avec respect et soumission,
Le roi Henry a toute ma gratitude,
En lui je reconnais toute suzeraineté. »
Fin février 1167, Henry d’Aspatria,
Toujours accompagné du colosse Bertram,
Délivre la réponse orale au roi Henry II,
Qui en cet hiver froidureux, loge à Argentan.
« Fort bien, mon ami, je vais porter aide,
Comme je le dois au roi Diarmait.
Quant à toi, pour merci de ce service si célère,
Je t’autorise à tenir marché privé
En ton domaine, au jour de la Saint Patrick,
Je sais ce Saint en bonne odeur pour toi. »
C’est fort heureux, que le baron est de retour
Chez lui, le 22 du mois de mars 1167.


lundi 30 mars 2026, “Le fossé d’Hastings” 26ème triade chants 76 à 78.