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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique
DIX-HUITIÈME TRIADE
Chant LII
1er mars 1129 en la rue du Marché du Pont,
Au cœur de la bonne cité de Rouen,
Un cri de tuerie avait retentit,
Et c’est le vieil Eochaid qui accusant,
Qui, appelant à l’aide, trépasse.
« Pardieu, quel est le couard qui s’est permis ?
Quel est le gibier de billot dis-moi, Eochaid. »
Richard à genoux, tenant la tête de l’ermite,
Ses yeux presque éteints, dans un souffle,
Il soupire le nom de son assassin,
« C’est le roi qui m’a immolé,
Sur l’autel de ses menteries et dévoiements. »
Tous reçoivent l’expiration accusatrice,
En silence, ils se concertent de par foi,
Par serment étouffé de n’en point parler outre.
Le 17 avril, à Aspatria, Richard en souci se trouve,
Non d’Eudes, gracié par sermon royal à Rouen,
Ni de son premier-né, Henry,
Trop taiseux et rêveux, en ses cinq ans,
Non point du trépas d’un quatrième enfant,
Arthur qui revint à Dieu en sa première heure.
C’est de lui en son âme qu’il conflicte,
Son roi a fait assassiner son ami,
On vient de lui en donner raison par preuve,
Il sait les tromperies d’Henry avec femmes,
Concubines nombreuses et trop voyantes,
Surtout cette dernière, qu’on connaît,
De sous le nom d’Ysoria de Beaumont[1],
Grosse sans se cacher des commérages,
Eochaid allait informant Adélaïde,
Son épouse devant Dieu et les hommes.
Chant LIII
Ce dimanche, la rupture du Carême est fête,
Richard mande sa femme auprès de lui,
« Elizabeth, très chère amie, mon épouse,
Je ne puis me taire plus longtemps sans faillir,
Je connais la raison qui mena au meurtre d’Eochaid. »
Sa tendre femme, ja inquiète, s’assied,
« Puis-je vous demander de me déclore cela ? »
« Bien entendu, d’autant que de cette navrante nouvelle,
Je vais devoir prendre un parti qui vous peinera. »
Ayant conté tout à Elizabeth, elle reste coite,
Richard décide qu’il ne reparaîtra plus au roi,
Ne pouvant ni trahir ni obéir, seul choix reste,
En couvent se cloîtrer autant qu’il faut,
Espérant être délié par rappel à Dieu, d’un ou l’autre.
Ainsi, dès le lundi, il part pour Saint Bees Priory,
Sur la côte ouest de Cumbria, à l’écart assez,
Pour être dans l’ombre, à l’abri du monde.
Le temps monastique est lent mais en bienfaits,
Et si, sans être plus avant déquiet,
On le dit partout, disparu, laissant traîner
Tant contes, tant mesdires sur lui,
Il s’en contente, suivant le temps moineux,
Par lectures nombreuses, de ces années, il fait miel.
Tant est qu’à la parfin, c’est Henry
Qui premier est rappelé auprès du Seigneur.
C’est sept jours passés, suite au trépas,
Qu’informé, ce 8 décembre 1135,
Que Richard peut se déclore d’en couvent,
Retrouver vie, femme, enfants et amis,
« Connaissez-vous le nouveau roi ? » mande Elizabeth
« Estienne, petit-fils du Conquérant, oui, mais... !
Je crains le pire pour notre royaume,
Je le sais versatile et de trop d’ambition pourvu. »
Chant LIV
« Je ne veux point ouïr son nom,
M’entendez-vous messire Richard ? »
Telle est la manière dont Mathilde
Accueille la nouvelle du sacre d’Estienne.
Pourtant les grands du royaume
L’avaient accepté comme reine d’Angleterre
Sur la demande d’Henry, qui fut privé
De descendant par terrible tragédie.
Elle est en nerfs, apprenant ce couronnement,
Car c’est à Londres que tout s’est passé.
Richard, lors qu’il est invité en Anjou,
Près de Mathilde, dont il reconnut droit
Par serment juré au roi Henry, est en dilemme.
« Je sais, vous n’aviez fiance en mon père,
Il était sacré brigand, j’y conviens,
Et votre retraite prudente vous fait honneur,
Ne vous déliant point de loyauté,
Mais non plus par service vous fûtes,
Je sais, pour vous promesse est foi. »
Richard a choisi non point un camp,
Mais d’honneur il fait droit à sa parole donnée,
Cependant, Estienne étant couronné,
Il ne peut être félon et doit reconnaissance
Au Roi couronné et oint.
« Ma reine, je dois vous mander permission,
Possibilité sans abjurer ni trahir,
En ma baronnie rester pour la gloire de Dieu
La sauvegarde de ses ouailles
Et des terres du royaume à cultiver. »
Mathilde, qui bien entend la supplique,
Sourit au baron qui n’en peut mais,
« Je comprends tout à plein, baron,
Je vous fais en retour serment de jamais
Vous tenir non gré de votre honneur gardé. »
[1] Henry 1er est réputé pour avoir trompé sa femme, mais cette dernière, même sous son pseudonyme, est inventée pour ce roman.
vendredi 6 mars 2026, “Le fossé d’Hastings” 19ème triade chants 55 à 57.