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Imaginaire n°651
vendredi 24 mai 2024
inspiré par
“Meurtres sous pression”
d’Yvonne Ernoux
 
Ne pas commettre de meurtre, ce n’est pas toujours éviter les coups de pression.
 
C’EST PLIÉ !
 
C’est une casse de voitures perdue dans la campagne de Suède.
— Faudrait nettoyer...
— Tu crois pas qu’y a pas des choses plus importantes, Ingvar ?
­— Me fait pas chier, Gunhild. C’est vraiment le merdier.
Jeune femme qui ne s’en laisse pas compter, Gunhild regarde son mec en fronçant les sourcils.
— Dis... tu me parles autrement, sinon j’t’en colle une, mec !
La situation n’est pas simple, en fait, ce couple est en train de vivre un moment compliqué en cette matinée. Le cadavre d’Esbjörn gît à leurs pieds. Le père de Gunhild.
­— T’aurais quand même pu réfléchir avant d’énerver c’t’ordure.
La jeune femme se radoucit. Esquisse un sourire ennuyé.
— Mais je t’assure, j’ai rien fait. J’ai rien compris.
— Mouaih, les “cops” vont pas suivre, ce sont des crânes mous avec des solutions très simples. Faut qu’on nettoie.

***

Ce début de matinée, Esbjörn, le père, célibataire, s’est levé du mauvais pied. En plus il s’est blessé le menton en se rasant. Le bout de sparadrap lui fait une tronche de truand. Il bougonne en traînant ses pieds nus sur le parquet en direction de la cuisine.
Soudainement un choc sur son petit doigt de pied. Une flasque de “Porto Cruz”.
Gunhild ouvre à peine la porte de sa chambre lorsqu’elle aperçoit son géniteur dansant sur une jambe, tenant son pied gauche dans ses mains en gueulant comme un charretier.
­— Ben tu fais quoi, demande-t-elle, la voix pâteuse.
Tel un flamand pas forcément rose, il la regarde, figé dans sa douleur podale.
— Bordel de sacré merde, t’aurais pu nettoyer hier soir, après ta fiesta.
— Ben les potes sont parti un peu tard, et Ingvar et moi on était un peu bourré.
Esbjörn voulant reposer son pied sur le sol n’a pas fait attention à la fourchette qui s’enfonce dans la plante de son pied. Malheureusement, sautillant de nouveau sur une jambe, il perd l’équilibre et tombe à la renverse en continuant d’éructer une bordée de jurons. Sa tête passe juste à quelques millimètres d’un coin de table en métal.
Il se retrouve sur le dos, affalé sur le tapis que lui a laissé son ex.
Il a à peine le temps de respirer que Kiki, le dogue allemand, croyant sans doute que son maître veut jouer avec lui, lui saute sur le ventre.
Dans un geste de fureur, il fout son poing dans la gueule du clebs, surpris. Se relevant malgré tout, il se dirige vers sa fille les mains crispées, en avant.
Ingvar, émergeant à peine de sa courte nuit, regarde effaré sa copine qui vient de claquer la porte de la chambre.
Mais c’est quand cette dernière est défoncée qu’il commence à prendre peur. Surtout qu’il voit le père de Gunhild traverser la pièce, emporté par son élan, disparaître dans le vide après avoir fracassé la porte fenêtre de leur chambre.
Il se lève.
— Euuuuh, Gunhild, tu veux m’expliquer ?
Le couple de jeunes gens s’approche de ce qu’il reste de la fenêtre du rez-de-chaussée et s’aperçoivent, rassurés, que le père est toujours vivant. Il titube, prenant le chemin du retour.
Quelques instants plus tard, la porte du petit pavillon s’ouvre, assez violemment.
Une glissade. Un cri. Le son d’un objet en verre, brisé. Un bruit lourd sur le parquet.
Le silence.
Ingvar et Gunhild se regardent, muets, la tête tournée vers ce qu’il reste de la porte de leur chambre, comme s’iels s’attendaient à voir arriver un Hulk furieux.
Il n’y a que le silence, durant de longues minutes.

***

Gunhild refronce les sourcils.
­— Bon, d’accord pour le ménage, ça urge pas, accorde Ingvar, en regardant les morceaux de verre de la flasque de Porto. Et donc... on s’en débarrasse de quelle manière du “father”, t’as peut-être une bonne idée ?
Elle se retourne vers la fenêtre et montre au milieu des carcasses de voitures plus ou moins rouillées éparpillées çà et là dans la casse de son père... la presse à voitures.
— Y a qu’à trouver une carcasse, le foutre dedans. Eh hop ! Un coup de pression... et c’est plié.
Les yeux dans le vague, Ingvar répète un peu éberlué...
— Pression... plier.